Mai ase qué ieu, moris !
(plus âne que moi, tu meurs)
A l'époque, l'ane était aussi utile, si ce n'est plus, que la voiture aujourd'hui
Fayré l'ase per aburé dé bren : faire l'âne pour avoir du son.
Meichanta couma un ase roujé: méchante comme un ane rouge; personne rancunière
Franc coume un ase qué recula: franc comme un âne qui recule; hypocrite
A la fiéra manca pas d’ases que sé sembloun : à la foire il ne manque pas d’anes qui se ressemblent
Fauta de bious, fay laura l’ase: faute de bœuf fait labourer l‘âne
Dur ase, dur agulhon : a l’ane têtu, dur aiguillon.
Bèurer couma un ase : boire comme un ane: ne pas vider son verre, l’ane laissant toujours un fond d’eau 'din lou farrat' , dans le seau
Aurès bèu sibla, fares pas beurre l’ase qu’a pas set : vous aurez beau siffler, vous ne ferez pas boire l'âne qui n’a pas soif.
L’ase goulut l’estacon court : l’ane goulut est attaché court
Per estre segut d’arriva, fagues pas trop courir l’ase : pour etre sur d’arriver, ne faites pas trop courir l‘ane.
A fossa de trop lou carga, l’ase crébet : a force de trop le charger l ane creva.
Parlas a l’ase et vous farà des pets : parler à l'âne et il vous répondra par des pets.
En venen vielh, l’ase perd sa bourra: en venant vieux l ane perd ses poils.
Es couma l’ase de Blancat, susa quand veit veni lou bast : il est comme l'ane de Blancat qui sue quand il voit venir le bat ; un fénéant.
Es couma l‘ase de Riguaut, cranshis.lou fréch amai lou caud : il est comme l’ane de Rigaut, qui craint le froid et aussi le chaud.; fragile, délicat.
Al péou se counouis l’ase : au poil on reconnaît l’ane
Pourta la crous coumma lous ases : porter la croix comme les anes : certains anes gris ont une croix sur le dos.
Qual governa, l'ase or l'escobilhairé ? : qui gouverne, l'ane ou le balayeur ?
Farem pas pourta lou crespé à l'aze : nous ne ferons pas porter le deuil à l'ane !
Paùres ases : pauvres anes !
Il y en a un qui disait :
Tant que mon père a été en vie, il y a eut un âne dans la maison !
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Vin de messe
C'est ce curé de campagne qui disait à l'acolyte qui ne remplisait pas suffisament le calice de vin blanc : Goja ou digas la méssa. (verse ou dis la messe)
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Les oliviers
Lors d'une reception, à l'apéritif, une personne disait à une des personnalités en parlant des olives qu'il y avait sur la table: " Les oliviers ont été plantés dans les fesses de ma mère ". (oliviers plantés dans les "faysses" (bandes de terre en étagères héritées de sa mère)
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Histoire de "faisans d'eau" rigoureusement authentique !
La scène se passe au foyer municipal de Clermont lors d'une assemblée générale de la société de chasse, il y a environ une quinzaine d'années de çà.
Après avoir donné le compte rendu moral et financier de la saison écoulée, le bureau passe à l'énumération des actions qui ont été accomplies en vue de la préparation de la saison avenir.
Il annonce, en autre, avoir effectué, à titre expérimental, lâché une compagnie de faisandeaux dans la plaine qui borde le lac du Salagou.
C'est alors que se lève dans l'assistance, un chasseur, qui hurle :
< Qu'est que vous allez lâcher des faisans d'eau, on y chasse pas à l'eau nous >
Bonjour l'ambiance ! Les présents d'alors s'en souviennent encore.
Le Faisando, comme on l'a surnomé depuis, grand pourfendeur de capitalistes..., n'a plus jamais remis les pieds à l'A.G. des chasseurs. On s'en serait douté.
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Le menuisier et le Bon Dieu
Fulcrand BRUN dit "Foucran" était menuisier et anticlérical. C'était l'oncle de mon arrière grand-père Adam Bouissou chez lequel ce dernier à appris son métier.
Comme dans l'accomplissement de toutes taches, il arrive que quelque chose n'aille pas, et dans ces cas-la, Foucran accusait le Bon Dieu d'être la cause de ses ennuis et disait alors :
<<< Aquo el, la y és dedin aquel mitchan seujet, la y és ! >>>
(c'est lui, il y est dedans ce mauvais sujet, il y est )
A la suite de quoi tout rentrait dans l'ordre.
Un jour il a été amené à aller réparer le plancher du coeur de l'église de Lacoste.
En cours de travail, une lame de parquet ne voulait pas se mettre en place malgré tous ses efforts. C'est alors que la moutarde lui montant au nez, Foucran s'adressant au Christ sur sa croix lui dit d'un ton courroucé:
<<< Soy din toun oustal, m'oubligés pàs à t'insulta >>>.
( je suis dans ta maison, ne m'oblige pas à t-insulter )
A la suite de quoi la lame de parquet se mit en place sur le champ.
Les voies du Seigneur sont impénétrables. Amen...
***Foucran etait un rouge, un vrai républicain. Pour lui, voter n'était pas un devoir, mais un honneur. Aussi, pour aller mettre son buletin dans l'urne " vistisio la livita é couffaba lou tambre "
( se vêtait de la lévite et coiffait le haut de forme )
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Le Mas du loup.
Cela se passe au mois de juillet 1860.
La femme de Guillaume BOUISSOU était sur le point d'accoucher, et comme beaucoup de femmes dans ce cas-là, elle avait de envies. Ce jour là elle a eut une envie de raisins, et même que ce soit en fin d'après-midi, comme c'était en été, elle a demandé à son époux d'aller lui en cueillir à Roque-Sèque ou ils avaient un mazet avec une petite vigne de chasselas et quelques oliviers.
A cette époque de l'année il fait jour très tard. Aussi, voilà Guillaume, un panier à la main, parti chercher ce que sa femme lui demandait.
Arrivant à Roque-Sèque il commencait à cueillir ses raisins, quand il aperçoit deux yeux qui brillent au loin dans le ruisseau. Il pensa que c'était un renard en quête de son repas du soir. Mais lorsque la bête se rapprocha il se rendit compte qu'il s'agissait en fait d'un loup. Et d'un loup de la plus belle taille.
Sans chercher à comprendre, laissant son panier de raisins sur place, il fila se réfugier dans le mazet tout proche et montat au premier étage, d'ou par le fenêstrou il pouvait observer le comportement du loup qui se mettait à grogner et montrer ses crocs acérés chaque fois qu'il se montrait. Il n'était bien sur pas question de tenter une sortie, c'eut été bien trop dangereux. Et ce n'est qu'au petit matin, quand le jour se leva, que le loup partit.
Guillaume alla finir de remplir son panier de raisins et entrepris de rentrer à la maison ou tout le monde se préparait à aller à sa recherche croyant qu'il lui était arrivé quelque chose en route. Toute la famille fut soulagée de son retour et lui demanda ce qui avait bien pu lui arriver. C'est alors qu'il raconta son aventure nocturne.
Seulement voilà : Guillaume, si c'était un bon mari et courageux au travail, il avait comme tout un chacun son petit défaut. Il avait la passion des cartes, et, il lui arrivait quand l'occasion se présentait ... de passer la nuit entière à y jouer.
Alors : Le loup ? Les cartes ?
Personne n'en a jamais rien su. Aujourd'hui il y a prescription...
Ce mas existe toujours, il appartient aujourd'hui à l'auteur de ce site, arrière-arrière-arrière petit-fils de Guillaume Bouissou.
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Les deux lièvres
C'est un Miquelet* qui était venu récupérer le fusil " à piston " qu'il avait porté à
réparer à Clermont. Il en avait profiter pour acheter un peu de poudre et aussi "un plan poun dé clabels"* pour réparer ses chausures.
Sur le chemin du retour, en montant Terre-Blanche, il voit un lièvre qui descendait
des Cassagnassés, et en voit aussi un autre qui montait de la Madelaine.
Il se dépêche alors de charger son fusil, mais n'ayant pas de plomb il y met les clous
qu'il avait acheté pour réparer ses souliers. Comme il n'avait qu'un seul coup, il
attendit que les deux lièvres se rencontrent pour tirer, et comme justement cela c'est
fait devant un platane au moment ou il a laché son coup de fusil il raconta fièrement
par la suite " qué las obios clabeladas toutas dos per las aurelhas contra la platana "
(qu'il les avait touts les 2 cloués par les oreilles contre le platane)
N.B. Il y a des mots qui sont masculin en francais mais feminin en patois :
c'est le cas ici pour "lièvre et platane"
* surnom des Nébiannais
* une poignée de clous * oreilles
Quelques bonnes herbes de campagne que l'on peut ramasser selon la saison:
Lous pourilhous, las esparguas, lous lachichous, las cachalèbras (1) , las chicoudelhas, las rapetas, la rouqueta, las larguas.
Sén oublida l'oli d'oliva del mouli dé Clarmoun et l'alh per oncha tot aquo
(1) c'est à tort que l'on appelle cette salade "cacha lebra " (cache lièvre). Son véritable nom est "lach à lèbra " ' lait à lièvre) ce qui plus normal.
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| hieraclermont 26/02/03 |
Aquesta nuèch a plogut,
dés matis anèrem acampa cauques cagaraules !
Amb l'alhòli aquò te couffla la panolha !
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Flocons de neige ! ! !
Vous avez pu remarquer qu’à Clermont, il neige rarement, et quand il neige, c’est très, très peu.
Il est donc logique de se demander : pourquoi ?
Étant un des derniers vieux Clermontais, - au propre comme au figuré- je suis sans doute un des rares à le savoir.
Je vais donc vous révéler ce pourquoi, que je tiens de mon grand-pére, qui le tenait, lui, de ses devanciers.
<<< Il y a très, très longtemps de cela, les Clermontais, lassés de voir tomber la neige qui leur empoisonnait l´existence tous les hivers, ont demandé au * Conseil des Anciens* de voter une Loi interdisant qu´il neige sur Clermont. Ce qui fut fait, et appliqué, et toujours en vigueur >>>
Beaucoup d´entre-vous ne vont pas croire à cette histoire, et pourtant le fait est là. INDENIABLE ! Il neige rarement à Clermont.
Et puis, une légende, celà fait parti du patrimoine culturel !
Donc, à conserver. !
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Météo
Cela se passe au café du pavillon à Nébian (commune voisine de Clermont)
Comme tous les soirs, Marceau, Henri et quelques autres, dont un dénommé Lautrec, vont disputer une " SISETTE " * enragée dont l'enjeu sera de savoir qui paiera le " Fellega " *.
Et chacun, bien sur, de raconter la sienne.
Lautrec, lui, predit le temps qu'il fera le lendemain.
Pour cela faire, il dit " Mé lèva la nioch per coumpta las nibous ".
Et bien sur, comme c'était souvent le cas, ses prévisions ne réalisent pas.
Quant il avait annoncé de la pluie pour le lendemain et qu'il n'avait pas plu, et que l'on le lui faisait remarquer, il déclarait de facon péremtoire : Mai à plogu endacòn !
* SISETTE : Belotte jouée à 6.
* FELLAGA : Nom donné à une boisson détonnante composée de limonade, d'eau de vichy, de sirop de menthe et autre pousse au crime du même genre.
(durant la guerre d'Algérie on parlait souvent des fellagas)
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En français: il est vieux comme Hérode.
En patois: és viel coma Héroda.
Patois francisé: il est vieux comme une roue ! (roue en patois: roda )
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En françàis : un vin chaud
En patois : un bi cau
En patois francisé : un bicot
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Il y a longtemps de cela une épidémie sévissait à Brignac.
Les Brignagols demandèrent à N.D. du Peyrou de leur venir en aide, lui promettant de se rendre, chaque année, en procession, pour la remercier, à sa chapelle. La maladie disparue, la parole fut tenue.