|
Expressions et Dictons Clermontais
qu'il convient de replacer
dans le contexte de vie de l'époque
pour en apprécier toute la saveur
<<<~~~~*~~~~*~~~~*~~~~>>>
En patois le " V " se prononce souvent " B ". On écrivait par jeu : A Veziers les Voutiques des Varviers sont Varvouillées de Vlan et de Vleu.
* Adissias ma mayré, mé veirés pas pus, m'en vouâ dissaté, tournaray dilun (au revoir ma mère vous ne me reverrez plus, je pars samedi et reviendrais lundi)
* Acampar sas pelhas : ramasser ses chiffons (faire son baluchon ; personne à l'agonie, qui avec ses mains remonte sans cesse les draps)
* A très, la cargua y és : à trois la charge y est (avec 3 enfants une mère a largement de quoi s'occuper)
* "Sabès, qu'a qu'elle n'a amouça des candelas " (tu sais, celle-là elle en a eteint des chandelles) Se dit d'une femme qui a eu de nombreuses aventures masculines.
* Al calos : au bout du rouleau, jusqu'à l'os
* A quos des contes dés vaneles : ce sont des contes de vannaux, jacassements. (des propos qui ne veulent rien dire)
* Aburé dé péga : avoir de la poix. ( en parlant d'une personne de basse extration prétentieuse)
* Aburé la tiça : avoir une manie. (accro à quelque chose)
* Aburé des clos : avoir beaucoup l'argent. Vient peut-etre de Clos : noyau d'abricot " ; les enfants, à l'époque jouaient avec des noyaux d'abricots, et les forts joueurs, les plus adroits, avaient beaucoup de clos...!
* Lou qué sé countenta, sa pas sé qué gagna : celui qui se contente (satisfait un désir) ne sait pas se qu'il gagne !
* Aburé d'idélha couma un crapaou dé plumas
(avoir de l'idée comme un crapaud des plumes)
* Sembla un cigalou apégat contra una platana : ressembler à une petite cigale collée contre un platane. Image d'un homme menu aux cotés d'une femme forte.(sous entendu dans l'intimité)
* Badailha couma un amargasat : ouvrir grand la bouche comme une piegrièche le bec.
* Chaqua lavada emporta sa pélada : chaque lessive use le linge
* Coussi voulès pa qué la Terra sé boutiolé : comment ne voulez-vous pas que la Terre ai des bosses. (se dit après avoir avoir entendu une énormité)
* Counserva, é recounserva, a may lou diaplé a may : conserve et reconserve, y compris le
diable. (se dit d'une personne gardant tout)
* Chuca l'oly dé gabels : boire l'huile de sarments. (boire du vin)
* Dourmi couma una missara : dormir comme un loir. (d'un sommeil profond)
* Enléva un péôu sus cap d'un ase es totjorn men bourrut : enlève un poil sur la tete d'un âne, il l'aura toujours moins bourru.
* Espès couma un langoustar : épais comme une sauterelle.
*Entré un poutou et un estelou, ya pas res dé peu sec : entre un baiser et un copeau il n'y a rien de plus sec.(un baiser ne veut parfois dire grand'chose...)
* Faïré panterna : faire panterne (se lever et se coucher tout au long de la nuit, passer une mauvaise nuit)
* Fa couma Lampet, n'é ben et yé torna : fait comme Lampet, en vient et y retourne. On appelait Lampet l'allumeur de becs de gaz qui tous les jours faisait la même chose.
* Février, diou quitta lous valats raziers : février doit laisser les fossés pleins. (il faut qu'il pleuve en hiver pour le bien de la nature)
* Lou pissadou dé Nostré Seignor : le pot de chambre de Notre Seigneur. (surnom donné a la la ville de Lodève, car il y pleut souvent)
* La couqua del pioch : la populace du vieux quartier. (aujourdhui on pourrait dire la couqua de la citée...)
* Madi cla, taral oscu, ploja ségu (sud clair, nord obscur, pluie certaine)
* M'éspiés pas quan dintré, épia mé quan quinté (ne me regarde pas quand je rentre, regarde(moi quand je quinte) en parlant de la lune pour savoir le temps qu'il fera.
* Néga lou farrat : noyer le seau au fond du puit. ( mettre une femme enceinte...)
* Négré couma un tatchou : noir comme une semence de tapissier ( tatchou est le diminutif de tatche qui est le clou qui servait à férer les semelles de soulliers)
* Pénou d'yousé : rejeton de chêne vert. (une bonne trique)
* Partiro vistit : partira habillé. (se fera dire deux mots, remonter les bretelles)
* Pésoul révengut : un pou revenu. (un parvenu)
* Per un poun Marti perdi soun aze : pour un point Martin perdi son âne
* Podès bé lava lou cap dé l'asé quan lo négré : tu peux bien laver la tete de l'ane quant il l'a noire.
* Quan s'en vo, sembla qué torna : quand il s'en va on dirai qu'il revient.
* Qué sé grata enté prusi, fo pas dé tort à sous visis (qui se gratte ou çà démange ne fait pas de tort aux voisins)
* Roujeïdola del mati dé ploja per lou cami : ciel rouge le matin pluie sur le chemin
* Roujeïdole del vespré bel tem per lou campestré : ciel rouge le soir, beau temps en campagne le lendemain
* Tant pissa la vaqua couma lo biou : il pleut du nord et du sud
* Sè vos menti, parla del tem : si tu veux mentir parle du temps. (sans commentaire)
* Ris quan ploaù : ri quant il pleut...
* Rété couma patacou : raide comme patacou (?)
* Rougé couma un guindou : rouge comme un dindon.
* Rasouna coma une jilingua : raisonner comme une seringue en roseau fabriqué par les enfants. (tenir des propos décousus)
* Sembla un déspencha figuas : ressemble à une longue perche servant à ramasser les figues (quelqu'un de longiligne)
* Sembla un lum : ressemble à une lumière (très maigre, pâle, souffreteux)
* Sot couma raôuba saôuma : bête comme un voleur d'anesse.(il faut etre idiot de vouloir voler une anesse, car dès que l'on s'en approche elle se met a braire)
* Sembla una bouta : ressemble à une barrique
* Soucialista passa sus la raqua : socialiste passé sur le marc. (l'expression vient de ce qu'à l'époque ou les gens faisaient le vin chez eux, après la première pression du marc (raqua) ils rajoutaient de l'eau par dessus, et repressaient à nouveau, ce qui donnait un second vin très clair... d'ou l'expression)
* Sarra couma una pinha : serré comme une pigne (avare, radin)
* Sè vos menti, parla del tem : si tu veux mentir parle du temps. (sans commentaire)
* Sembla paruc : quelqu'un de mal peigné, qui besoin de couper les cheveux.
* Traïna-malheur : traine la poisse.
* T'en val Marti coma soun chi : t'en vaut Martin comme son chien. (le chien ressemble au maitre et vice-verça)
* Touca dé l'aygajé : touché par la rosée matinale (légèrement dérangé de la tête)
* Taban merdencier : taon qui tourne sans cesse autour d'un estron.
* Una assiétada dé soupa, un plata dé castagnas, un coupou dé vi et al lièch : une assiette de soupe, un plat de chataignes, un verre de vin et au lit (menu frugal du soir)
* Val may estré sot qué pinhastré : il vaut mieux parfois passer pour un imbécile que pour un je-sais-tout et être mit devant le fait accompli par "cadoulijé"(entetement)
* Vay fiala : va à la pêche (envoyer ballader quelqu'un)
* Vistit couma un poudaïdé : habillé chaudement comme un tailleur de vigne. (la vigne se taille en hivers quant il fait froid)
* Dourmi couma una missara : dormir comme un loir. (d'un sommeil profond)
* A tira pèouçés : à tire cheveux. (scène representant -entr'autre- des enfants entrain d'essayer d'attraper une poignée de bonbons qu'on leur a envoyé. Des gens qui souhaitent tous s'accaparer quelque chose.)
* Très toupis din un oustal granda feste, très femnas, granda tempesta.
* D'azes, dé femnas et dé plojà : des ânes, des femmes et de la pluie. (les trois à la fois, rien de plus ennuyeux)
* Trapa lou déguelhadou : trouver le chas de l'aiguille, trouver l'entrée, la combine, le moyen de...
* Entré éfons et cadels, sabou lous qué y é fa bel. Les enfants et les chiots reconnaissent ceux qui leurs font du bien.
* Jogar à troumpa vilain : jouer à trompe vilain. Se dit de deux personnes qui se sont mariées en croyant que l'autre était riche, et qui en fait ne l'étaient ni l'une ni l'autre
* N'aburé maï dins la cougua qué din la padéna : en avoir plus dans la queue que dans la poêle.(se dit d'un homme dont le sexe est plus performant que le cerveau)
* Marqua mâou sé passéja : marque mal se promène. (si ça continue ça va barder).
* Dé far manovra lou diablé s'en allasset : de faire manoeuvre le diable s'en est lassé. (jadis la tache du manoeuvre maçon était extrèmement pénible)
* Méstré lou cap couma una selha : mettre la tête comme un sceau en bois (gonfler le mou)
* Junta couma las maïssas d'una cabra : ça jointe comme les machoires d'une chèvre.
* Ent'én iras fay couma véyras : ou tu iras fais comme tu verras. (ce qui veux dire : ne te fais pas remarquer)
* Tant qué vira fo dés tours : tant qu'il tourne il fait des tours. : ( tant qu'il fait çà, il fait pas autre chose !)
* A Lamalou, s'as d'arjen porta lou, s'as dé mal garda lou (à Lamalou, si tu as de l'argent porte le, si tu as du mal garde le)
* Sé vos garda ta filha saouteta, marida lo à Saoumount ou a Lavalette (si tu veus garder ta fille sottete, marie-la à Soumont ou à Lavalette qui étaient des hameaux isolés)
* S'en galinar : rire sans pouvoir s'arreter, Fayré des cacalassés.
* Estré à la rétirada : à la retraite
* Faïré lou magnagou : petit enfant qui se fait caliner dans les bras de sa mère
* Lou solelh dé Montovan qué fa susar los bartas. Se dit, lorsque par temps couvert, le vent d'Ouest dégage momentanement le ciel, et, que le soleil fait briller les buissons. Traduisez : beau temps de courte durée.
* Ne pas saupre ante penjar son lum : ne pas savoir ou pendre sa lumière. (ne plus savoir quoi dire)
*Car couma la brasa : cher comme la braise. (avant l'invention des allumettes, on allait acheter la braise chez le boulanger qui la conservait dans le four et la vendait à ses clients pour un sou)
*Ana fara una mounina : aller ferrer une guenon (aller faire qq chose d'impossible)
* Dégourdit couma un pézoul din la péga. (degourdi comme un pou dans la poix)
* La frigoula s'acampa per la Croux, embé l'aïgajé: le thym se ramasse le jour de la St Croix (3 mai), le matin avec la rosée, avant le levé du soleil, comme toutes les plantes médicinales.
* Qual governa, l'asé o l'escobilhaire ? ( qui gouverne, l'ane ou le balayeur. A tous les échelons de de la société, il y a toujours un donneur d'ordre)
* Etre débarilhat : être dérangé. Dans tous les sens du terme
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
~~~~~~~~~~~~~~~~
Quelques dictons et expressions du Clermontais
|